Les étrennes

Très bonne année à tous ! Et quoi de mieux, pour bien commencer 2015, que de vous parler des étrennes ?!

Les bases

Comme toujours avec nos coutumes, les étrennes sont d’origine païenne, plus précisément romaine. D’après Symmaque (préfet romain du 4è siècle), le roi Tatius avait l’habitude d’offrir aux personnes importantes de la verveine coupée dans un bois sacré dédié à la déesse Strena. Cette verveine avait d’autant plus de valeur que, selon la légende, le bois sacré avait été offert au roi par la déesse herself, ce qui n’est pas rien. Attention : les temps ont passé et il est aujourd’hui peu probable que votre concierge saute de joie si vous lui offrez en étrennes un sachet de verveine.

Étrenne vient donc de Strena. Voilà pour l’origine du mot. Voyons maintenant la date.

Le premier jour de l’année, puis pendant tout le mois de janvier (dédié à Janus, dieu du commencement), les Romains offraient, aux personnes influentes et puissantes de préférence, du miel, des figues, des dates … , sucreries censées faire débuter l’année sous de bons augures et apporter des douceurs tout au long des mois suivants.

Celui qui recevait le plus de présents était bien sûr l’empereur, et un subtil concours de bites se mit peu à peu en place : les petites douceurs furent remplacées par de l’or, des pierres précieuses, des bijoux, des meubles … tout ce qui pouvait faire gagner du galon !

Pourtant, charmantes ou somptueuses, les étrennes finirent par devenir clandestines …

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Bien que la coutume ait persisté longtemps, elle n’a pas résisté à la commercialisation de Noël à la fin du 19è siècle. Petit à petit les étrennes se sont fondues dans la fête du petit Jésus et aujourd’hui seuls les présents du 25 décembre demeurent.

Dernière réminiscence de cette coutume : le pécule que nous donnons en début d’année à notre concierge, à notre aide à domicile… Pour nos éboueurs, postiers et pompiers, la loi nous interdisant de leur donner des espèces, nous ne pouvons les gâter qu’en échangeant nos étrennes avec leurs fameux calendriers porteurs de bébés cockers ou de champs de tulipes. Et encore… dans certaines villes, comme Paris, il est interdit aux agents municipaux de faire du commerce avec ces merveilles.

Gardez donc précieusement votre calendrier spécial petits chatons à nœuds roses, il pourrait bien être le dernier !

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Du gui à la place du blé

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Les Romains n’étaient pas les seuls à se faire des cadeaux en début d’année. Les Gaulois s’échangeaient la veille du jour de l’an des boules de gui, d’où l’expression « Au gui l’an neuf ! ».
Les Bretons, les Normands et les Espagnols sont longtemps restés friands de cette pratique. On appelle d’ailleurs les étrennes « aguinaldo » en Espagne… mais les cartes de vœux ont remplacé le gui.

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