Wu Zetian

– Aparté-

C’est une honte, une infamie ! Que dis-je une infamie, un véritable scandale ! Pas de gros billets depuis des mois et je reviens la bouche en cœur comme si de rien n’était !
Navrée pour ce début d’année si peu productif en cancans trashs, mais écrire le tome 3 s’est avéré coriace. Maintenant qu’il est en pleine séance de grooming chez un historien (il devrait sortir en début d’année prochaine, on en reparlera plus tard…) je vous emmène en Chine pour vous raconter ma dernière et juteuse trouvaille.

– Fin de l’aparté-

Une cruelle impératrice…

Avant de nous jeter dans sa biographie riche en rebondissements éclaboussés de sang, commençons par planter le décor :

637 après J.C., en pleine période Tang de la Chine impériale. L’empereur du moment, Taizong le Grand, a enrichi son harem d’une perle de 12 ans, la petite Wu Zetian, qui y fait fureur. Elle devient sa favorite sous l’œil envieux de Gaozong, fils ainé de l’empereur. Mais Wu n’a pas le temps de faire carrière : Taizong passant l’arme à gauche en juillet 649, elle est envoyée illico presto finir ses jours dans un monastère. Ça, c’est ce que pense la cour.

Car, au hasard d’une visite (prenez-nous pour des glands…), Gaozong tombe sur la jolie Wu. Enfin… jolie… dans ses souvenirs, car la donzelle a le crâne rasé et porte l’habit de nonne.
Il faut croire que le jeune homme fraîchement sacré flashe sur les skinheads bruts de décoffrage et que Wu n’a pas fait sa coquette bien longtemps, car elle tombe enceinte. Dès qu’il l’apprend Gaozong la fait revenir à la cour. L’impératrice cocue n’y voit aucune objection : primo parce qu’elle est stérile et qu’il faut donner un héritier à l’empire, deuxio parce qu’elle pense, alors que le harem royal regorge de rivales voulant la déloger du trône, qu’elle n’a rien à redouter de cette ex-none à la belle réputation. Car toute la cour croit Wu pieuse et douce.

La naissance tant attendue plonge Wu dans un profond désespoir (elle accouche d’une bâtarde), jusqu’à ce qu’elle réalise le grand potentiel que lui apporte sa fille et reprenne du poil de la bête.
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Vous l’avez vu, la dame est friande de mâles. Le harem ne devait pas lui suffire car on raconte qu’elle se faisait faire des cunnilingus par les étrangers venus en visite officielle. Taoïste, elle croyait en la vertu des échanges de fluides sexuels. Voilà une excuse en or…

En plus d’un appétit sexuel redoutable, Wu a une ambition démesurée. Le titre d’empereur ne lui suffisant pas (elle est la seule femme à porter ce titre dans toute l’histoire de la Chine), elle met fin en 690 à la dynastie Tang et crée la sienne : la Zhou. Elle y tient tellement qu’elle ne fera pas assassiner son fils Zhongzong pour qu’il reprenne le flambeau. Son comportement donne évidemment naissance à un complot visant à remettre le rejeton sur le trône après avoir délogé sa vieille harpie de mère. La nuit du 22 février 705, ses favoris ayant été égorgés, elle est forcée de céder la place à son fils. Les frondeurs lui rasent aussitôt le crâne et la renvoient dans son monastère où elle meurt quelques mois plus tard, à 83 ans.

Âge canonique pour l’époque, il faut croire que la méchanceté conserve.

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Le plus magique dans cette histoire est qu’elle est adorée !
Brillante quand il faut se mettre quelqu’un dans la poche, son peuple en particulier, elle joue les grandes dévotes : elle commande une sculpture de Bouddha pour les Grottes de Longmen (aujourd’hui au patrimoine de l’UNESCO), organise des pèlerinages à gogo… Elle améliore aussi le statut des femmes de son empire (du moins celles qui ne risquent pas de lui faire de l’ombre…) et écrit un livre sur « la conduite à tenir par les femmes dans leur foyer » dans lequel elle vente la douceur, l’humilité et la totale soumission que les épouses doivent à leur mari.

Une pro du “Faites ce que je dis, pas ce que je fais“ !

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