Madame Ching

Restons en Chine pour ce nouveau billet, voulez-vous ? Après l’affreuse impératrice Wu Zetian, passons à la terrible pirate Madame Ching. Ceux qui ont vu Pirates des Caraïbes 3 l’ont aperçue pendant la réunion des neufs seigneurs pirates. Bonjour la référence, pensez-vous ? On fait ce qu’on peut …

Origines et contextes

Rien à voir avec les mœurs des pirates caribéens : en Chine, à cette époque, les bateaux solitaires uniquement peuplés d’hommes ne sont pas de mise, bien au contraire. La piraterie est affaire de famille : on se passe l’entreprise de père en fils (ou fille, épouse, cousin,…) et les pirates vivent à bord avec femmes et enfants. Tout ce petit monde participe à la vie de larcins, au milieu des nuisibles qui y pullulent. Ce qui n’est pas pour déplaire aux marins, friands de rats.

Ce n’est pas sur un bateau que nous découvrons Madame Ching mais au bordel, où elle vend ses appas. Elle a parmi ses clients un des plus grands pirates de la région, Cheng, qui, ne voulant plus la payer mais garder ses faveurs, l’emmène à bord et l’épouse. Elle a pêché le bon poisson car Cheng est à la tête d’environ 50 000 hommes ! En bonne épouse de pirate, elle apprend le métier et se perfectionne au maniement du sabre tout en mangeant des bols de riz aux chenilles. Conscient que le vent peut vite mal tourner pour lui, Cheng adopte un jeune villageois kidnappé, Chang Pao, et en fait son bras droit. La relève est assurée. Bien vu, car la tempête ne se fait pas attendre : Cheng est emporté par un typhon en 1807.

Contre toute attente, c’est Ching qui reprend l’affaire…

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Quant à Madame Ching, elle se retire à Canton où elle ouvre une maison de jeux. Les mauvaises langues disent qu’elle y tient aussi un bordel, mais nous n’en avons aucune preuve.
Elle meurt en 1844, à l’âge d’environ 69 ans.

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Une dure pour les durs

Impossible d’être tendre quand on dirige une bande de badboys. Madame Ching durcit le code (règlement intérieur de tout bateau pirate) pour mieux les mater et, la décollation étant une de ses sentences préférées, fait trancher des dizaines et des dizaines de têtes.
Voici quelques bévues et leur châtiment :

– descente à terre sans permission : oreille percée ou découpée,
– récidive : étêtage,boules
– ponction dans le butin : étêtage,
– attaque d’un village ami : étêtage,
– viol d’une captive : étêtage,
– partie de jambes en l’air avec une captive, même consentante : étêtage !
Car Madame Ching vendant ses jolies prisonnières, les galipettes sont pour elle un vrai gâchis. Elle ne les tolère que si le pirate épouse la demoiselle… qui est décapitée en cas de refus.

Bien sûr, le traitement des captifs n’est pas plus enviable :
– toute prisonnière surprise en plein ébat est jetée à la mer, les pieds lestés de poids,
– tout prisonnier ne pouvant payer sa rançon, ou déclinant une proposition de job à bord, est balancé du haut du mât pour qu’il se fracasse sur le pont, et ce jusqu’à ce que mort s’en suive.

Ah, ils savaient rire à l’époque !

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